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J’ai publié il y a un moment un article qui traitait de la tendance que nous avons à créer des silos de connaissances dans les médias sociaux en donnant l’exemple des informations ci-dessous concernant BP pendant la marée noire.

J’ai visité le site institutionnel de BP ainsi que le site Boycott BP. Il n’existe pas communautés plus opposées bien que les conversations au sein des ces communautés concernent le même sujet. Les deux sites comportaient de nombreuses conversations sur le Golfe du Mexique, la marée noire et la responsabilité de BP ainsi que son engagement dans le nettoyage. Tandis que la communauté BP Amérique mettait en avant les détails techniques des opérations de nettoyage et les ressources et compétences sans précédent déployées par BP, la communauté Boycott BP (plus de 30 fois plus grande que la communauté du site BP Amérique) partageaient des histoires terribles sur de supposées failles dans le protocole de sécurité et de responsabilité. Il n’y avait aucun dialogue, uniquement des monologues de groupes juxtaposés et incompatibles, d'innombrables personnes exprimant leurs opinions communes aux uns et aux autres.

J’ai continué de parler de la façon dont ce développement (largement guidé par la confiance et l'estime de soi) crée des courants de pensées partagées par un groupe, ce qui constitue une sorte de bulle de connaissances. Comme je l'ai souligné dans mon article sur la façon de faire éclater les bulles de connaissance, c’est là une situation très dangereuse. Il a été dit que les bulles de connaissances peuvent être à l’origine de nombreux désastres tels que, par exemple, l’incapacité de détecter l’imminence des projets de Ben Laden d’attaquer les Etats-Unis.

Il semble actuellement que ces bulles sont encore pires. Dans l’édition britannique du Sunday Times d’hier, Bryan Appleyard (un des mes journalistes préférés, il est très perspicace et éloquent) a fait une critique du livre The Filter Bubble - what the Internet is hiding from you (La bulle filtre – ce qu’Internet vous cache). Ce livre explique comment les moteurs de recherche et les réseaux sociaux vous donnent des résultats et envoient des notifications qui ont été configurées en fonction de leur vision de qui pourrait vous intéresser. Tout cela est déterminé par votre historique de recherches et par les groupes auquel vous adhérez déjà, ainsi à mesure que l’on avance, les résultats deviennent de moins en moins objectifs. L'auteur donne l’exemple suivant (à mon sens, particulièrement familier) :

« Au moment de la marée noire BP l’année dernière, il a demandé à deux amis de taper « BP » sur Google. L'un a obtenu des informations concernant des investissements sur la première page et l’autre des nouvelles de la marée noire. »

D’autres filtres étaient cités tels que la façon dont Facebook lui envoyait des nouvelles de ces amis libéraux (ayant été lui-même identifié comme un "libéral"). Les nouvelles de ses amis conservateurs étaient filtrées. Dans une certaine limite, il est utile de recevoir des informations susceptibles de nous intéresser. Le danger est de renforcer la bulle de connaissances et de ne recevoir que des messages avec lesquels on est censé être d'accord. Comme le dit Jaron Lanier, auteur de " You are not a gadget (Vous n’êtes pas un gadget) :

« les gens ont tendance à pénétrer dans cette caisse de résonnance dans laquelle ce qu’ils disent finit par se conformer de plus en plus à l’idée qu'un simple logiciel se fait d'eux".

Ainsi non seulement les gens créent des silos de bulles de connaissances sur les médias sociaux mais les capacités de personnalisation des logiciels pourraient également contribuer à renforcer ces bulles.

En tant que responsables des connaissances au sein de l'entreprise, nous avons besoin de reconnaître les bulles de connaissances et les caisses de résonnance, en particulier le risque de prendre de mauvaises décisions parce que nous n'avons pas une vision équilibrée (voir Deadly Decisions - how false knowledge sunk the titanic ... - les décisions fatales – comment une connaissance tronquée a coulé le Titanic - pour des exemples effrayants). Je répète ce que j’ai déjà dit ici dans mon article sur les opinions de groupe.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir plusieurs communautés traitant du même sujet. La gestion des connaissances ne doit être assumée que par une seule communauté et non 100. Il ne devrait exister qu’une seule communauté sur la marée noire et non deux totalement opposées. Ainsi dans chaque sujet, les désaccords doivent être identifiés et faire l’objet de recherches dans une optique d’établissement de la vérité. Cela fait partie du rôle de l’animateur de la communauté, qui consiste à permettre l'expression d'opinions différentes et de susciter et faciliter le dialogue qui permet à cette diversité d'opinions d’être explorée et résolue. »

Et à cela, j'ajouterais :

«  Il faut faire très attention aux recherches personnalisées qui ont tendance à donner des résultats trop subjectifs. Chaque fois que cela est possible, toute personne devrait avoir accès à tous les résultats pertinents concernant sa recherche, qu'elle soit en accord avec les opinions exprimées ou qu'elle y soit totalement opposée ».

C’est uniquement en considérant un sujet dans tous ses aspects que nous pouvons espérer connaître la vérité...

 

nick milton - entreprise collaborative - ecollab contributeurNick Milton est le directeur et co-fondateur de Knoco Ltd – cabinet conseil spécialisé dans la gestion des connaissances constitués de spécialistes de la gestion des connaissances, de conseillers et de coaches. Knoco Ltd existe depuis 1999 et est probablement le tout premier cabinet conseil spécialisé dans la gestion des connaissances de Grande Bretagne.

Avant de démarrer Knoco, Nick a passé deux ans au sein de l'équipe qui a fait de BP la première entreprise à l’échelle mondiale en matière de gestion des connaissances. Nick y tenait le rôle de responsable des connaissances.

A son poste à Knoco Ltd, Nick a tout particulièrement contribué au développement et à la mise en œuvre de stratégies de gestion des connaissances, aux projets d'implémentation ainsi qu’aux services pour le compte de nombreuses organisations. Il est l’auteur de " The lessons learned handbook » (le manuel des connaissances acquises) et « Knowledge Management for Teams and Projects » (La gestion des connaissances pour les équipes et les projets). Il a publié de nombreux articles ainsi que des « Masterclasses » dans la presse spécialisée.

Traduction:

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Commentaires (2)add
Communications Technologist
Par Craig Taylor , July 07, 2011
I'm (unfortunately) in complete agreement with Michael Kiffmeyer (previous comment). I work in an incredibly regulated, safety conscious, potentially very dangerous industry and within my organisation find that our management systems information is awash with critical information that is unsearchable due to the poorly functioning intranet that it resides in.

Couple that with a baby boomer heavy workforce that we don't as a matter of course tap into for information and once again we are adopting this 'silo' mentality that Michael describes so well.
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intéressant
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Senior Business Development Manager
Par Michael Kiffmeyer , July 01, 2011
This phenomenon not only happens via the internet but inside of the various corporations we work with. It never ceases to amaze me how so many large organizations do not know how to access the knowledge they have. More times than not the left hand does not know what the right hand is doing. Couple this with the still existent "silo-type" thinking and it creates real communication problems in any organization.

The challenges and opportunities within the capturing of knowledge and using that knowledge as an operational and competitive advantage is great. Worker and leaders need to be knowledge driven and not task driven to succeeded in the years to come.
Abus
intéressant
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