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entreprise collaborative - ecollab - reset buttonUne grande partie de la main-d'œuvre fait face à de nombreux obstacles pour devenir des apprenants autonomes sur leur lieu de travail. Dès nos débuts, on nous explique de se référer à l’autorité et à nos directions pour ce qui concerne l’apprentissage et le travail. L’idée qu'il ya une bonne réponse, ou un expert avec la bonne réponse, commence dès nos écoles. John Taylor Gatto décrit cela dans « les 7 leçons d’un instituteur » :

La cinquième leçon que j'enseigne est la dépendance intellectuelle. Les bonnes gens attendent d'un enseignant qu’il leur dise quoi faire. C'est la leçon la plus importante, que nous devons attendre que d'autres personnes, mieux formés que nous-mêmes, donnent une signification à nos vies. L'expert fait tous les choix importants; seulement moi, l'enseignant, peut déterminer ce que vous devez étudier, ou plutôt, les gens qui me paient peuvent prendre ces décisions que je vais ensuite appliquer. Si on me dit que l'évolution est un fait, au lieu d'une théorie, je transmets cela tout en punissant les déviants qui résistent. Ce pouvoir de contrôler ce que les enfants vont penser me permet de séparer très facilement les bons élèves des autres.

Les bons employés attendent leur superviseur qu’il leur dise quoi faire. Dans la plupart des lieux de travail, que ce soit dans l’industrie, les services ou dans l’économie de l’information, vous n'êtes pas payés pour penser, mais pour obéir aux ordres de quelqu'un d'autre. J’admets que cette situation évolue dans de nombreux endroits, mais un travail reste un travail.

Aujourd'hui, notre apprentissage se fait de plus en plus sur le lieu de travail. L’apprentissage formel représente un pourcentage toujours plus faible de ce que nous avons besoin pour. Nos besoins d'apprentissage informel vont continuer à croître, comme Robert Kelley l’a démontré avec une étude pourtant sur les travailleurs du savoir réalisée sur 20 ans par l’Université de Carnegie. Il a demandé:

«Quel pourcentage de connaissance nécessaire à l’exécution de votre travail est stocké dans votre propre mémoire ?"

En 1986 : 75%.

En 1997 : 20%

En 2006 : 10%

Les travailleurs ont besoin pour prendre le contrôle de leur apprentissage, alors que dans leur grande majorité (les baby-boomers en particulier), ils ont été éduqués par le système que Gatto décrit ci-dessus et ont enduré d'innombrables heures de formation mesurées en heure dans une salle de classe. Le cortex et la pensée ont été battus par le cerveau reptilien, les réflexes, les habitudes et les automatismes.

Voici une citation d’un article de 2005 de Peter Drucker « Managing Oneself » :

Les défis de la gestion de soi-même peuvent sembler évidents, élémentaires même. Et les réponses peuvent sembler évidentes au point de paraître naïves. Mais se gérer nécessite de nouvelles choses sans précédent de la part de l'individu, et surtout des travailleurs du savoir. En effet, se gérer exige que chaque travailleur du savoir pense et se comporte comme un membre de la direction. En outre, le passage de travailleurs manuels, qui font ce qu'on leur dit, aux travailleurs du savoir, qui ont à se gérer eux-mêmes, challenge profondément nos structures sociales. Chaque société, même la plus individualiste, prend deux choses pour acquises, même inconsciemment: Les organisations survivent aux travailleurs et la plupart des travailleurs des organisations survivra, et que la plupart des gens restent en place.

Tom Peters appelle ce changement de mentalité « Brand You » et prédisait il y a déjà une décennie que « plus de 90% du travail des cols blancs sera totalement réinventé, repensé ». Comme le votre ? Je ne pense pas que nous en sommes encore là.

Depuis des années, je mets en avant  des méthodes concrètes, comme le management personnel des connaissances (PKM) ou les compétences 2.0 comme une partie de l’équation. L'autre partie est l'évolution des structures organisationnelles.

Dan Pink dit que nous passons de l'ère de l'information à l'ère conceptuelle. Comme des artistes, nous avons besoin de voir et d'apprendre pour nous-mêmes. Le grand défi pour les travailleurs du savoir est de devenir des managers des connaissances, des managers de leurs propres connaissances. C'est accepter la vie en mode bêta perpétuel.

Cependant, nous n'avons pas à faire cela tout seul. Nous pouvons devenir indépendants tout en embrassant notre interdépendance. Nous avons juste besoin de devenir indépendant de ceux qui nous « fournissent un emploi » ou  qui nous « éduquent ». Ce n'est pas à eux à nous le donner. C’est à nous à le co-créer.

J'ai beaucoup appris en travaillant pour moi-même ces huit dernières années. J'ai eu à comprendre beaucoup de choses sur moi-même. Mon activité de freelance a commencé le jour après mon licenciement.  Le PKM a été ma façon de gérer le fait que je n’avais aucun budget de formation. Mais j'ai appris avec l'aide des autres, comme plus récemment avec mes collègues d’Internet Time Alliance.

Prendre le contrôle de notre apprentissage et de notre travail n'est pas vraiment une révolution. Cela ressemble plus à une réinitialisation de notre situation, une remise à niveau approprié à cette ère conceptuelle.

 

harold jarche - entreprise collaborative - ecollabHarold Jarche croit passionnément en la fusion du travail et de l’apprentissage. Les gens se sont rapprochés d’Harold au cours de la dernière décennie, grâce à son blog et à ses activités de conseil, pour ses idées novatrices sur les entreprises, la technologie, les réseaux sociaux et  l'apprentissage. Il intervient aussi sur des sujets comme la théorie de la complexité. Il a ainsi fait gagner du temps et de l’argent à ses clients en se concentrant sur les objectifs business et l’analyse des problèmes, plutôt que de prescrire systématiquement des formations comme solution.

Diplômé du Collège Militaire Royal du Canada, Harold a servi plus de 20 ans dans l'armée canadienne à des postes de leadership et de formateur. Harold a ensuite été manager au Centre for Learning Technologies et chez E-Com Inc.

Son lieu de travail préféré est son vélo. C’est là que lui viennent ses meilleures inspirations.

Traduction: Frédéric Domon


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