French (Fr)English (United Kingdom)

Translation

Viadeo

Taille du texte:

Le Social Learning, comme son nom l'indique, repose sur la transmission de connaissances d'individus à individus. Chacun peut transmettre des connaissances à ses collègues. Les rôles figés de formateurs et d’apprenants tendent à disparaître dans la mesure où chacun peut tour à tour en endosser le costume.

Que ce soit en réel (tutorat, mentorat, …), ou au sein d’un Réseau Social d’Entreprise, les collaborateurs ont la possibilité d’avoir continuellement accès à des connaissances. Ils peuvent les questionner et les compléter encore et encore. Ces échanges informels offrent entre autres la possibilité de trouver des réponses rapides à des problématiques immédiates et font converger l’apprentissage et le travail. Autrement dit, l'apprentissage informel fait partie intégrante du travail quotidien et cela suscite aujourd’hui un entrain certain.

On parle ici d’apprentissage informel en opposition avec la formation formelle classique (classe ou e-learning).

Or si le e-learning séduit encore aujourd'hui massivement les responsables de la formation en entreprise, c'est justement parce qu'il est très formalisé : les sessions ont une durée déterminée, des pré-requis, un objectif bien clair. L'efficacité des formations y est mesurée, les questions / réponses fournissent des statistiques pour comprendre les besoins, les forces et les faiblesses d'une équipe. Autant d’atouts absolument nécessaires à l'entreprise.

Plutôt que de vouloir opposer formel et informel, ne serait-il pas possible de concevoir un réel apprentissage simultanément formel et social ? N'y a-t-il pas mieux à faire que de placer un forum dans un LMS pour proclamer l'avènement du e-learning 2.0 ?

Il convient de se poser les bonnes questions : comment permettre à l'apprenant de participer réellement au processus de transmission des connaissances ? Que signifie la collaboration dans le domaine très particulier de la formation ?

Les Serious Games apportent des éléments de réponses : l'apprenant est actif. Mais le nombre de parcours possibles reste limité. Malgré la présence de différents scénarii, l'apprenant n’est jamais en position de construire réellement sa formation. Il est l'acteur principal d'un plan préalablement écrit pour lui. Il ne collabore pas.

Le nouvel elearning, autoproclamé 2.0 par l’ajout d’une couche sociale réduite à un forum, n’apporte pas d’options collaboratives à l’apprenant. Il ne propose pas plus à l’entreprise de bénéficier de ces nouvelles pratiques. C’est que pour l’instant on n’a pas su tiré réellement les enseignements du 2.0 et les transposer habilement au domaine de la formation. L’approche naïve du elearning 2.0 n’est pourtant pas dénuée d’intérêt : par son échec elle démontre que des questions profondes se posent auxquelles il faudra apporter des solutions réellement innovantes et réfléchies.

En effet, à l'heure où l'on vante les bénéfices du collaboratif, de la co-création, comment donner à celui qui apprend un réel pouvoir sur sa formation? Par exemple, un vendeur n'est-il  pas un expert légitime dans la co-conception d'une formation produit ?

Empruntons un chemin de traverse : les écoles Lean se définissent par l'itération continue dans les processus de production. Le Lean a été adapté au numérique et est aujourd'hui une méthodologie officiellement adoptée par l'industrie du web dit 2.0. Il s'agit d'améliorer continument une application web en bénéficiant des retours utilisateurs tout en ayant la possibilité de modifier cette application dans des temps très courts. La conception produit est bouleversée puisqu'il est possible de modifier une page web consultée par des millions d'utilisateurs en quelques minutes, là où les cycles produit de l'industrie traditionnelle étaient de plusieurs mois ou de plusieurs années. Dans un univers en perpétuel changement, on comprend facilement que les méthodologies Lean d'itérations continues aient alors pris un rôle central sur le web. Dans le monde des technologies numériques Google, Facebook, Twitter furent les meilleurs promoteurs des méthodologies Lean, aujourd'hui maitrisées par tous les entrepreneurs du web.

Or un module de e-learning est littéralement une application web. Que l'apprenant devienne "acteur de sa formation" (l'expression est si galvaudée qu'il faut faire un réel effort pour en ressaisir le sens), cela ne demande-t-il pas tout simplement que l'apprenant puisse agir sur cette formation ? Signaler des erreurs, proposer des améliorations, ajouter des points de connaissances et y insérer de nouvelles questions ? Le 2.0, et plus précisément la collaboration, n'est-ce pas permettre aux collaborateurs de collaborer (la langue française souligne ici assez clairement l'évidence du propos) ensemble à la production des formations ?

J’aimerais avoir votre avis sur les questions suivantes :

1 - Comment la collaboration modifie le processus cognitif à l’oeuvre dans la formation numérique et favorise l'apprentissage ? Comment les modules de e-learning peuvent-ils en bénéficier ?

2 - Quels impacts sur les contenus produits ? Quelles modalités selon les contenus ? En effet, le Lean ne s'applique certainement pas de la même manière à un module d'anglais dont le savoir est figé qu'à un module de formation technique sur le cœur de métier du collaborateur apprenant.

Nicolas Hernandez - entreprise collaborative - contributeurNicolas Hernandez est diplomé de l'Ecole Polytechnique et a poursuivi un cursus de philosophie en parallèle. A 27 ans, il a crée Myrtila, une plateforme de transmission pair-à-pair des connaissances. Myrtila met l'accent sur la collaboration et la dimension sociale pour améliorer la transmission des savoirs via des formations formelles. Passionné à la fois par les technologies numériques, et les modes d'apprentissage, Nicolas mène une réflexion active pour continuer de proposer sur Myrtila des solutions numériques au service de la formation.


Rétrolien(0)
Commentaires (3)add
...
Par Renaud , mai 19, 2011
La formation, et notamment le e-learning, est effectivement l'un des domaines qui peut le mieux bénéficier du 2.0 mais où ces dynamiques sont difficilement à appliquer. La gestion des connaissances pose également la question du knowledge management à l'heure où l'information se gère en flux et non plus en stock. Les solutions collaboratives répondent à ces évolutions mais restent encore à adapter pour faire du e-learning un processus plus collaboratif.
Abus
intéressant
pas intéressant
Avis : +0
...
Par Nicolas , mai 17, 2011
En effet ! Augmenter les interactions offertes à l'apprenant et lui donner le contrôle de sa formation, le tout dans son intérêt mais aussi dans celui de l'entreprise. Si je ne me trompe pas c'est aussi l'approche qu'adopte xaracom ?
Abus
intéressant
pas intéressant
Avis : +0
...
Par Yves Casgrain , mai 16, 2011
Bonjour,

Ce que vous proposez c'est de démocratiser la formation afin de permettre à l'apprenant d'être un véritable acteur de son apprentissage. C'est une nouvelle culture d'apprentissage plus adaptée à la nouvelle réalité du Web. Pas bête !
Abus
intéressant
pas intéressant
Avis : +0
Ecrivez un commentaire

busy

Rejoignez la conversation

Site sponsorisé par

http://www.socialearning.fr/

Entreprise Collaborative ?

frederic domon - socialearning  ecollab founderLes réseaux, qu'ils soient humains ou technologiques, nous montrent que les marchés sont vraiment des conversations. La collaboration en entreprise devient un facteur essentiel de la réussite dans les affaires.

Entreprise Collaborative est un laboratoire d'idées multiculturel associant les concepts de social learning et d'entreprises en réseau afin de développer des organisations plus performantes.

Frédéric Domon

Recherche

On parle d' @ecollab

Livre blanc

Entreprise Collaborative - Social Learning Introduction

Site sélectionné par

orange-business-logo

Creative Commons License