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Lorsque apparait une innovation, il y a toujours deux étapes. La première consiste à intégrer cette innovation en travaillant comme avant. La
seconde consiste à faire évoluer les méthodes de travail. Ainsi, de nouvelles compétences se développent et le rôle de l’être humain peut se transformer
(Serge Soudoplatoff)

Durant les années 2000, les entreprises ont mis à profit la technologie internet pour optimiser la dimension opérationnelle des organisations. C’est ainsi que les systèmes d’entrepriseorganisés autour de processus rationalisés et de données structurées ont émergés et été mis en oeuvre : ERP, CRM, PLM, SCM, KM …

Le résultat est que les organisations telles que nous les connaissions, hiérarchiques et en silos, ont été rationalisées et optimisées : c’est le temps de l’efficacité opérationnelle. Nous avons utilisé ces nouvelles technologies pour travailler plus efficacement et plus rapidement. Mais comme avant.

Durant les années 2010, les organisations vont utiliser un second levier d’internet : son aptitude à créer de la valeur dans l’économie de la connaissance en exploitant ses réseaux.

Pour atteindre cet objectif et bénéficier du véritable levier qu’offrent ces technologies disruptives importées d’internet (les plateformes collaboratives) une mutation est nécessaire : passer de l’entreprise en silos à l’entreprise en réseaux …

Quelle valeur ?

Les deux sujets qu’évitent soigneusement les détracteurs d’internet sont donc Wikipedia et le logiciel libre. La raison : ils sont la preuve irréfutable que des projets complexes apportant une plus value considérable dans l’économie de la connaissance peuvent être menés à bien par des équipes distribuées, bénévoles, hyper-motivées, avec une hiérarchie minimale et une structure réticulaire.

Avec respectivement 500M et 100M d’utilisateurs, on est en droit d’imaginer que Facebook et Twitter n’incarnent pas seulement une mode technophile web 2.0. Goldman & Sachs ne s’y est pas trompé en estimant les premiers à 50 Milliards de dollars US alors que les seconds sont estimés à 3 Milliards.

Si ces applications sociales ont autant de succès c’est parce qu’elles offrent de la valeur en répondant à un besoin fort des des utilisateurs : centraliser en un endroit les flots d’information publiés par des personnes avec lesquelles on partage un certain nombre d’affinités.

Leur adoption a été massive parce que ces outils répondent à ce problème avec un minimum de friction technologique : c’est simple et facile d’utilisation. Nous sommes entrés dans l’an 1 de a simplicité : l’ergonomie n’est plus un luxe qu’offre les entreprise mais une question de survie des solutions logicielles proposées par les éditeurs et fournisseurs de service.

Services et Plateforme

Cette facilité d’utilisation a été propagée aux interfaces de développements (les fameuses APIs) : il est très facile, de  l’extérieur, d’utiliser ces APIs pour développer de nouveaux services. Facebook est ainsi devenue une plateforme dès Juin 2007 ce qui l’a complètement démarquée de sa rivale d’alors Myspace. L’intégration de tous ces services publics est d’une simplicité confondante.

Cette notion de plateforme de services permet en outre de déléguer le développement de nouveaux services innovants à d’autres individus ou organisations, tout en fournissant un canevas encadré et en bénéficiant de l’écosystème ainsi créé. Une stratégie partagée par Apple avec l’AppStore avec, là encore, un succès phénoménal.

Hypertextuel

Dans l’économie réelle, un bien a d’autant moins de valeur qu’il est partagé par un grand nombre. Dans l’économie de la connaissance c’est l’inverse. Plus une information, une image, une musique, un document sera partagé et plus il aura de la valeur (Serge Soudoplatoff)

Dans l’économie réelle, l’agent de fluidification qui permet les échanges est l’argent. L’accumulation d’argent octroie du pouvoir. Dans l’économie de la connaissance ce rôle est assuré par le lien hypertextuel. L’accumulation de liens octroie de l’influence (notion de sociométrie chère au philosophe Alexandre Bard).

Le motif principal du succès de Twitter : sa capacité à agréger et à partager ces liens en un clic. En un clic et 3 secondes, je peux partager une information avec tous mes followers.

En termes de confort d’utilisation, de rapidité d’exécution, de fluidité, de productivité et donc de valeur ajoutée, c’est tout simplement admirable.

Problèmes de l’entreprise en silos

Dans l’entreprise en silos les managers passent  20% de leur temps à chercher des informations et la moitié des informations retournées n’a pas de valeur (etude Accenture sur 1000 managers).

Seulement 44% des employés trouvent ce qu’ils cherchent sur leur intranet.

L’employé moyen d’Intel passe une journée par semaine à chercher de l’information ou de l’expertise (Laurie Buczek, responsable du projet Social Networks à Intel – 2008).

Entre le quart et la moitié des travailleurs de la connaissance sont engagés dans une collaboration tacite (i.e une information qui n’est pas capturée dans les systèmes d’information et donc, non recherchable).

En d’autres termes, le travailleur de la connaissance doit travailler à partir d’une matière première (l’information) qui est pour partie insaisissable.

De l’entreprise en silos à l’entreprise en réseaux

Avec Google on trouve une information pertinente en 600ms. Dans 86% de cas on y trouve ce qu’on y cherche.

Avec Twitter je peux localiser et solliciter les meilleurs experts sur un sujet donné en quelques heures.

Voilà la cible de l’entreprise en réseaux. Celle-ci a intégrée les postulats de l’économie de la connaissance. Sa structure en réseaux lui permet une immersion naturelle dans l’économie de la connaissance elle aussi articulée autour de réseaux. Cette entreprise 2.0 présente de nombreuses propriétés : elle est fluide et interconnectée, transparente, collaborative, encourage une dynamique de la subsidiarité, fonctionne sur des principes simples et clairs, appliqués par une direction accessible et soucieuse d’exemplarité.

 

Cecil Dijoux cecil dijoux - entreprise collaborative - ecollab contributeur.travaille depuis plus de 20 ans dans les systèmes d’information, expérience qui l’a amené à travailler à l’étranger, dans des grands groupes ou des start-ups. Cecil blogue depuis 3 ans sur #hypertextual au sujet des cultures, des organisations et des réseaux sociaux.



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