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Dans un précédent article intitulé La Courbe de la collaboration, j’ai établi que sur une période donnée et avec l’intensification de la mise en œuvre des méthodes de collaboration, les connaissances, l’engagement, le réseau et enfin les performances ont également tendance à augmenter. Cependant les évolutions de ces différents paramètres se manifestent l’une après l’autre et dépendent, d’une certaine façon, de l’utilisation des méthodes de collaboration et de la vitesse à laquelle chaque étape intervient.

Une question demeure. Comment doit-on collaborer ?

Entrez dans le “Le cycle de la collaboration”

cycle de la collaboration

Pour prendre la pleine mesure d’une vie et d’une méthode de travail collaborative, l’on doit d’abord adopter le principe CARE (Continuité, Authenticité, Réceptivité et Enrichissement)

  • Continuité
    • La collaboration n’est pas une étape rare et intervient même plus d’une fois. Elle doit être continue et doit survenir avec une relative fréquence afin que les connaissances continuent d’être transmises et acquises. Ainsi, les réseaux s’étendent à un rythme constant, les engagements personnels restent sur une tendance ascendante et enfin, nos performances s’améliorent.
  • Authenticité
    • Sans anthenticité, vous êtes un imposteur. Si vous êtes un imposteur, vous êtes hypocrite. La collaboration requiert des utilisateurs de bonne foi, intègres et honnêtes. Ce que vous écrivez, comment vous participez, à qui vous vous adressez et pourquoi vous collaborez sont toutes les questions que vous devez vous poser pour vous assurer d’être parfaitement authentique. Soyez honnête avec vous-même, vos capacités, vos connaissances, votre réseau et collaborez sans prétention et de façon totalement sincère.
  • Réceptivité
    • La collaboration ne se résume pas à l’opinion d’une seule personne. La collaboration signifie être réceptif aux idées, aux connaissances et aux pensées des autres. Il s’agit de faire preuve de volonté d’écoute, d’aptitude à synthétiser et de capacité à réfléchir avant d’accepter. Collaborer signifie donner tout autant que prendre, en particulier si vous faites preuve d’une réceptivité naturelle à des sentiments divergents.
  • Enrichissement
    • Nous avons chacun des points forts et il est idiot de penser que nous pouvons tout faire pour tout le monde. Cependant, pour collaborer totalement, nous devons démontrer avec conviction que nous pouvons nous améliorer nous-mêmes en faisant profiter de nos connaissances, de notre réseau, de notre niveau d’engagement et enfin de nos performances à tout le monde. Si vous êtes convaincu que vous pouvez inspirer, élever, éduquer, améliorer ou mettre en avant tout type de scénario de collaboration, vous pouvez en conclure que vous enrichissez le cycle.

Une fois que l’on a accepté d’agir en utilisant le principe “CARE” tout au long du cycle de collaboration, l’on peut alors déterminer quelles sont les personnes avec lesquelles on collabore. J’ai déjà publié un billet sur la façon dont “Mon réseau peut me rapporter” (“My Network is my Net Worth”). Bien qu’Andrew McAfee, dans “Enterprise 2.0 Bullseye”, dénombre 4 types de liens au sein d’un réseau, je pense que les relations entretenues avec les personnes avec lesquelles on collabore peuvent être classées en deux categories : les liens forts et les liens superficiels.

  • Les liens forts (Permanents et temporaires)
    • Tout au long de la Courbe de collaboration, les liens forts peuvent être permanents ou temporaires. Un lien fort permanent lie un individu ou un groupe d’individus à travers des relations, projets ou autres faits passés au cours desquels leur niveau de collaboration a été particulièrement élevé. Les personnes concernées par le lien fort permanent représentent environ 50% de vos collaborations. Un lien fort temporaire signifie que vous utilisez le cycle de collaboration pour un objectif particulier dans un laps de temps pré-déterminé (par exemple 6 mois ou une étape dans votre vie). Les personnes peuvent passer de ce stade à celui de lien fort permanent ou alors se retrouver “rétrograder” au stade de lien superficiel ou à l’absence total de lien.
  • Les liens superficiels (Permanents et aléatoires)
    • Les liens superficiels servent à compléter la courbe de collaboration. Sans les liens superficiels, en tant que collaborateurs, nous perdons notre acuité intellectuelle. Sans les liens superficiels, les principles du CARE n’ont plus de valeurs. Sans les liens superficiels, notre contribution à l’écosystème des connaissances n’a aucune portée. Dans le cycle de collaboration, les liens superficiels permanents contribuent et consomment peu mais ils permettent d’harmoniser les contributions des liens forts. Ces liens sont des éléments constitutifs des relations et particulièrement essentiels à la Courbe de Collaboration car ils permettent, à l’insu de tous, de renforcer le résultat final. (par ex : rédaction de très longs billets dans les forums de discussions, sondages en ligne, etc.) Les liens superficiels aléatoires s’établissent, selon moi, au hasard. Qu’ils s’établissent dans une organisation ou sur le Web, les liens superficiels aléatoires sont ces personnes qui laissent une empreinte numérique sur une question donnée (afin d’être éventuellement contactées plus tard) mais qui en sont arrivées à faire cette contribution (ou à la consulter) tout à fait par hasard (elles ne l’ont pas fait à dessein). Ces personnes sont importantes mais pas indispensables.

Le dernier élément du cycle de collaboration est la façon dont nous intégrons et transmettons les connaissances. Une collaboration n’en est une réellement que lorsque nous consultons et que nous contribuons au réseau des liens forts et superficiels. Je compare ce concept à un terme que Stephen Downes utilise : Connective Intelligence (l’intelligence connective). L’échange. Comme l’écrit Robert Ciadini dans son livre, The Psychology of Persuasion (La Psychologie de la Persuasion) :

“il conviendrait  d’éviter de s’engager dans cette sorte d’accord avec une autre personne …mais plutôt de participer de façon équilibrée à un “réseau d’obligation” qui nous a tant et si bien servi depuis  la naissance de l’humanité”.

  • Contribution
    • Que vous soyez un lien fort ou superficiel, et selon la situation, il est crucial de suivre le Principe CARE et de transmettre vos connaissances à votre réseau si vous souhaitez réellement respecter le cycle de collaboration. La valeur de la contribution dépendra bien entendu du scenario mais on ne peut pas parler de collaboration si vous ne transmettez pas vos connaissances, vos opinions, votre point de vue ou vos idées aux personnes avec lesquelles vous êtes en relation.
  • Consommation
    • Dans le cycle de collaboration, vous avez la responsabilité de “consommer” les connaissances et les idées des autres, ce qui vous aide à devenir plus engagé, élargissant ainsi votre réseau et par voie de conséquence vos performances en suivant la courbe de collaboration. Considérez la question comme ceci : si les collaborateurs ne font que contribuer et ne consomment pas, comment les principes CARE pourront-ils s’appliquer ? Consulter les idées, concepts et pensées des personnes de votre réseau auxquelles vous êtes liés par des liens forts ou superficiels vous permet, avant tout, de développer vos propres connaissances. On ne peut pas réellement collaborer (ou contribuer) lorsqu’on ne consomme pas soi-même.

En résumé, le cycle de collaboration est un cadre de travail qui unifie et définit les comportements, méthodes et public qui aide à mettre en oeuvre la courbe de collaboration.

Qu’en est-il pour vous ?

dan pontefract - entreprise collaborative - ecollab contributeur

En tant que Directeur et Responsable du département Apprentissage et Collaboration chez TELUS, Dan est chargé de chapoter la stratégie de la société en matière d’apprentissage et de collaboration. Il est à l’origine du programme « Apprentissage 2.0 », une mutation de la culture et de la philosophie de l’entreprise dans le respect des valeurs et de l’expérience de TELUS en matière d’apprentissage ; il a orchestré l’évolution vers un modèle de collaboration et d’apprentissage social, formel et informel pour les plus de 35 000 employés de la société, portant ainsi TELUS aux avant-postes  de ce nouveau modèle d’apprentissage. En outre, Dan a porté le projet TLP – TELUS Leadership Philosophy (la philosophie de TELUS en matière de leadership), un cadre de leadership ouvert et collaboratif à l’usage de tous les employés de TELUS.

Dan est un leader passionné et reconnu dans le monde de l’apprentissage et de la collaboration. Il possède une expertise unique en matière d’accompagnement d’organisations dans leur migration d’un modèle traditionnel à un modèle englobant des cadres de travail continus, connectés et collaboratifs.

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