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Que rencontrons-nous au croisement de l’autoritarisme et de la coopération ?

L’évaluation de Thomas-Kilmann suggère qu’il y a la collaboration.

ecollab - cooperative assertive matrixCette évaluation, qui sert de base à beaucoup d’autres, explore les différentes attitudes adoptées par les individus pour gérer un conflit. Ce travail peut être familier à certains d’entre vous, mais je n’en ai entendu parler qu’il y a quelques jours par ma sœur, médiatrice professionnelle. En voici un libre exposé qui vous donnera un bref aperçu des cinq domaines mesurés par l’évaluation de Thomas-Kilmann.

Elle identifie cinq types de gestion de conflit entre deux individus: l’Eviteur, le Conciliateur, le Compromiste, le Compétiteur et le Collaborateur.

Ces types sont disposés sur un graphique, l’un des axes étant constitué par l’affirmation de soi (définie en tant qu’implication dans la tâche, ou en tant que « pensées pour soi »), l’autre par la coopération (définie en tant qu’implication envers les gens, ou en tant que « pensée pour les autres »). Dans le quart en bas à gauche se situe l’Eviteur, quelqu’un qui préfère ne pas entrer en conflit du tout, et en haut à droite, le coin où le niveau maximal de coopération croise le plus haut niveau d’autoritarisme, se trouve le Collaborateur. (En plein milieu, vous l’auriez deviné, se trouve le Compromiste, mais nous en parlerons un autre jour).

Ce qui m’a fascine dans ce modèle est l’éclairage qu’il apporte à la collaboration: d’où vient son pouvoir, et ce qui la distingue du compromis. Bien entendu, il y a des situations dans lesquelles le compromis convient et est même bénéfique. J’ai envie de sortir pour dîner, vous préférez rester à la maison. Si je pousse l’exemple plus loin, je n’ai pas envie de faire la cuisine ce soir, et vous n’avez pas envie de vous habiller ou de dépenser de l’argent. Un compromis autour d’un restaurant de quartier remplit parfaitement ces conditions, et vous et moi n’avez sans doute pas besoin de passer davantage de temps sur un « conflit » tel que celui-ci. Mais un compromis est toujours une rencontre au milieu du chemin, ce qui fait que chacun obtient un peu de ce qu’il veut, et le compromis aboutit souvent à une solution mi-figue mi-raisin, qui ne satisfait vraiment personne mais apaise plus ou moins tout le monde. En art, c’est l’équivalent d’un mélange de plein de couleurs pour obtenir un ton marronasse.

La collaboration tire son pouvoir de l’énergie de l’autoritarisme – des idées et des points de vue réels, mis en question par des individus qui s’impliquent – et de l’énergie de la coopération – le désir de parvenir à un résultat pour tout le monde. De la collaboration naît le meilleur résultat, l’idée ou la solution nourrie des inputs de chacun et meilleure que ce que n’importe qui aurait pu trouver seul dans son coin.

Un point clef à tout cela, un ingredient clef de la collaboration, est qu’elle débute dans le conflit, mais ne s’y arrête pas. Elle prend l’énergie présente dans le conflit – des vues, des besoins et des buts antagonistes ou divergents – et l’attitude de la collaboration – le désir d’atteindre la meilleure solution pour chacune des personnes concernées – pour aller là où personne n’était allé auparavant, et là où nous ne pourrions aller seul.

Je finirai par une citation du Dr Martin Luther King, Jr.

“Un leader n’est pas quelqu’un qui recherche le consensus, mais qui façonne le consensus.”

© Trusted Advisor Associates LLC 2010

graphique: SelectPro ®

 

sandy styer - entreprise collaborative - ecollab contributeur

Standy Styer est la responsable du service Trust Diagnostics ™ chez Trust Advisor Associates LLC, où elle gère l’ensemble des outils d’évaluation individuel et organisationnel. D’après le test « Trust Advisor Associates’Trust Temperament ™», c’est un catalyseur. Chez American Airlines, elle a mené à ses débuts le développement de Travelocity. C’est aussi une artiste accomplie dont les travaux font partie de la collection permanente du Musée international du collage, de l’assemblage et de la construction.


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Commentaires (4)add
Ce dîner me laisse sur ma faim
Par Jerome , November 13, 2010
Excellent billet sur un sujet que je n'avais pas envisagé sous cet angle. Je reste néanmoins sur ma faim quant à l'exemple du dîner. Le choix du restaurant de quartier est peut-être "mi-figue mi-raisin" avec le compromis, mais quel serait par exemple le "meilleur résultat" pour les deux parties avec la collaboration ?
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Assertivité
Par Barthox , November 10, 2010
Merci pour le feedback Thierry.

Ceci dit, j'ai toujours considére l'assertivité comme une compétence personnelle a objectif social! ;o) Les deux sont liés, impossible d'être assertif en restant tout seul dans son coin!

Par contre, je te rejoins sur la notion d'autoritarisme à connotation négative.
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Traduction
Par Thierry de Baillon , November 10, 2010
Bonjour Xavier,
j'avoue avoir longtemps hésité sur la traduction d'"assertiveness". "Affirmation de soi" a avant tout une orientation personnelle, et n'implique pas l'interaction, tandis que dans un cadre de résolution de conflit, c'est l'orientation sociale (en relation envers les autres) qui doit prévaloir.
Ta lecture du diagramme superpose une attitude personnelle à une attitude envers l'autre, alors que le TKA prend en compte des postures relationnelles en apparence contradictoires.
Il faut ici prendre le sens premier d'autoritarisme: qui fait preuve d'autorité. Je sais qu'il y a en français dans ce terme une connotation négative (qui d'ailleurs se retrouve même dans le mot "collaboration"... de sinistre mémoire).
D'ailleurs, j'ai repris le terme dans une présentation en français du TKA, je ne suis donc au pire qu'à demi-coupable ;)
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Question/remarque
Par Barthox , November 09, 2010
Je trouve ce diagramme super intéressant, mais je suis surpris de la traduction/interprétation qui est faite de 'Assertive' = "affirmation de soi (définie en tant qu’implication dans la tâche, ou en tant que « pensées pour soi »)"

Pour moi, l'assertivité est effectivement une forme d'affirmation de soi, mais positive, c-a-d sans écraser l'autre ... ce qui me semble contraire à 'autoritarisme' ...

Ceci dit, "ma" version permet la même lecture du diagramme ... (même pour l'aspect 'competing' : j'affirme ma position, positivement, mais ne suis pas enclin à coopérer => concurrence (positive))
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