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Les salariés manuels peuvent nous apprendre beaucoup sur la collaboration.

Deux hommes entrent dans un bar ... Même si ils portent des jeans et des bottes boueuses, imaginons que l’un d’entre eux puisse utiliser un smartphone pour alerter quelqu’un sur la localisation. Peut-être même qu’il regarde Foursquare ou Twitter. Vous pouvez imaginer que cela arrive, non ? Parce que cela arrive tous les jours.

Pourquoi alors, plaisanterie mise à part, accorde-t-on si peu d'attention à l'utilisation des médias sociaux entre les personnes en dehors de la catégorie des travailleurs du savoir? Je vis dans l'Amérique rurale, là où le "faire" des emplois est bien plus nombreux que le «penser». La palette est large : cela va de la manufacture à la ferme. Et pourtant, presque tout le monde a un smartphone, connecté dès qu’il le peut avec des amis, sa famille, des collègues de travail. Récemment, il y a eu un incendie vers chez moi, les pompiers volontaires prenaient des pauses pour se rafraichir et checker leur téléphone. Ils étaient assis par terre ou appuyés le long des camions citerne, à taper avec leurs gros pouces, à poser des questions à ceux qui étaient rentrés à la station ou pour savoir si la réunion de leur fille prévue à 16H était reportée.

Le phénomène des médias sociaux, avec des personnes apprenants les uns des autres à travers l'espace et le temps, n'est pas entouré d'un cordon visant à maintenir la foule à l’écart. Est-ce un manque d'attention, car les experts sont  trop occupés par les interviews ? Sont-ils sociaux médias snobs ? Où sont les études de cas, les meilleures pratiques, et les rapports montrant aux employeurs de la classe ouvrière que ce phénomène est aussi pour eux une grande opportunité? Pourtant les médias sociaux ont franchit les portes des chantiers. Qu’est ce que cela signifie ? Les cols bleus peuvent nous apprendre beaucoup au sujet de la collaboration réelle. Ils travaillent en équipes jours après jours. Voici quelques exemples de quelques pratiques en dehors du bureau.

Montrer, n'expliquer pas

TELUS, la société de télécommunication canadienne dont le siège est à Vancouver, a distribué des Flipcams et des ordinateurs portables à plusieurs techniciens sur le terrain. Du sommet d'un poteau téléphonique ou au fond d’une tranchée, les travailleurs peuvent saisir leur environnement et charger la vidéo sur réseau social interne, pour demander de l'aide à leurs collègues comme s'ils étaient à proximité. Ces travailleurs ont besoin  d'informations rapides, accessible depuis leurs camions quand ils sont en clientèle, d’apprendre rapidement comment changer des routeurs, mettre en place rapidement un système téléphonique domestique ou encore d’effectuer des installations sur mesures qu’ils n’avaient encore jamais réalisé auparavant. En équipant ses 35000 collaborateurs à travers le monde d’une culture des médias et d’une mentalité de la collaboration, TELUS leur permet  de partager la responsabilité de s’instruire les uns les autres, et offre à chacun la possibilité de solliciter l’assistance ciblée de leurs pairs. «Les opportunités offertes en connectant les gens faisant un travail manuel sont égales, sinon supérieures, à celles des personnes qui sont déjà assis côte à côte», explique Dan Pontefract, directeur de l'apprentissage et de la collaboration de TELUS.

Creuser profondément.

Etant l'un des plus importants producteurs nord-américains de chaux, Graymont exploite des installations sur des sites qui sont en activité depuis plus de 200 ans. Pour «transcender le continent» et amener les employés éloignés à travailler ensemble comme si ils étaient juste au coin de la rue, la société a créé myGraymont, un environnement collaboratif pour chaque employé (en utilisant la technologie Thoughtfarmer) - en particulier pour ceux qui viennent travailler avec des chaussures de sécurité et qui sont rarement assis à un ordinateur. « Mais la plus value arrive quand une personne de Pennsylvanie, par exemple, se connecte avec une personne de l'Alberta et lui montre quelque chose qu'il a fait qui économise 10 000 ou 20 000 $, ou quand un groupe de discussion informel se crée entre des travailleurs de l'entretien ou des opérateurs de four au delà des frontières et de la géographie », dit Ron Ogilvy qui dirige à myGraymont. Rien qu’utiliser myGraymont pour interagir de façon plus personnelle avec des collègues éloignés peut être également une fin en soi. "Si cela contribue à créer une nouvelle relation, la valeur de cette relation en sera le retour sur investissement."

Accrochez-vous bien.

Les membres de Disaster Operations Volunteer Escapees (DOVE) vivent sur la route pour aider la Croix-Rouge en cas de catastrophe. Louise Horner et son mari Sean Welsh, anciens experts en informatique, ont cherché ainsi une vie en plein air, souvent sous la pluie. Ils ont récemment été à Greensboro, NC, prêt à traiter les dommages causés par l'ouragan Earl. Ils ont passé douze semaines de vie dans leur RV à Baton Rouge après l'ouragan Katrina. Pendant que certains membres de DOVE posent des sacs de sable, participent à la reconstruction de maisons, ou nettoient la boue, l'équipe de volontaire de Louise et de Sean s’occupe de la commande du matériel technique, de la configuration des ordinateurs, des téléphones cellulaires et la technologie nécessaires du début à la fin d’une opération de secours en cas de catastrophe. C’est d’autant plus important depuis que la technologie a inclus les medias sociaux. On l’utilise pour monitorer le web social et mobile, être à l’écoute de personnes piégées dans leurs véhicules ou leur maison. Elle est utilisée pour alerter les habitants des régions voisines et les prévenir en cas d’évacuation. Elle est utilisée pour sauver des vies. Wendy Harman publie également un blog fait spécialement pour les personnes sur place, donnant au public un véritable rôle dans la réponse face aux catastrophes et leur donnant le meilleur éclairage de la situation.

John Seely Brown, chercheur invité à l'Université de Californie du Sud et ancien directeur scientifique chez Xerox, et Douglas Thomas, qui enseigne à l'USC Annenberg School for Communication, nous disent "ce type d'apprentissage est radicalement différent de ce que nous imaginons traditionnellement sur l’apprentissage, comme l’accumulation de faits ou l’acquisition de connaissances. Il porte sur l'expérience d'agir ensemble pour surmonter les obstacles, sur la gestion des compétences, des talents et des relations. Ils créent des contextes dans lesquels la réflexion, la conscience sociale et l’action commune coordonnée devenir une partie essentielle de la l'expérience, fournissant la base d'une imagination en réseau. "

Peu importe la couleur (ou le tissu) de votre chemise, le type de saleté sous vos ongles, ou l’endroit où vous respirez, chacune de ces  organisations voit clairement  leur intérêt. L’hyper connectivité peut permettre des améliorations considérables dans les résultats puisque les médias sociaux encourage les gens à apprendre les uns des autres tous les jours. Faciliter l'accès à l'information et aux outils rend les employés plus productifs et moins frustré, et réduit également la charge de gestion pour mettre les bonnes pratiques en action.

Article initialement publié sur Fast Compagny

marcia conner - entreprise collaborative - contributeur Marcia Conner (@marciamarcia), partenaire d'Altimeter Group, s'intéresse à la collaboration et à l'apprentissage en entreprise. Elle écrit pour Fast Company. Son nouveau livre est The New Social Learning: A Guide to Transforming Organizations Through Social Media.

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