Cet article est paru initialement dans le site Fast Compagny, sous le titre Where Social Learning Thrives
Pour tirer profit du social learning, mettez en place une culture qui rend l’apprentissage amusant, productif et familier, une culture où apprendre fait partie du travail quotidien. Marcia Conner et Steve LeBlanc ont cherché où le social learning s’épanouit le plus.

Le social learning ne se résume pas à la technologie des médias sociaux, bien qu’il les utilise. Ce n’est pas davantage la capacité de vous exprimer au milieu d’un groupe d’amis que vous auriez choisis. Le social learning combine les outils des médias sociaux avec un décalage de la culture corporate, un décalage qui encourage le transfert continu du savoir et connecte les gens d’une manière qui rende l’apprentissage joyeux.
L’apprentissage social (social learning) s’épanouit dans une culture du service et de l’émerveillement. Il est inspiré par les leaders, activé par la technologie et déclenché par des opportunités qui ne se sont que récemment produites.
Si une culture se concentre sur le service, la question la plus fréquemment posée est : « comment puis-je vous aider ? » Comment puis-je vous aider à réussir ? Comment puis-je vous aider à poser les bonnes questions, à prendre des risques mesurés et produire un très bon contenu ? Comment puis-je vous aider à prospérer ? Plus important encore, comment puis-je vous aider à apprendre et à nouer de nouvelles relations ? Comment puis-je vous aider à être au service du groupe tout entier, dont vous et moi faisons partie ?
Cependant dans la plupart des salles de classe, on empêche les jeunes de s’aider les uns les autres à apprendre et à réussir. Dans certaines communautés, des velléités telles que la valeur de la propriété ou l’intégrité de son terrain empêchent de venir en aide aux voisins. Dans beaucoup d’entreprises, l’ombre de la concurrence et des politiques internes étouffe les besoins individuels de mentorat ou de considérer de nouvelles perspectives. Il y a plus de 60 ans, W. Edwards Demming encourageait le management à se débarrasser de leur peur et de casser les barrières entre les services, et pourtant les craintes et les murs sont les deux constantes partagées par la plupart des entreprises.
La dispersion de notre attention est une des raisons pour lesquelles nous sommes si peu capables d’aider les autres à apprendre et à grandir. Il se passe beaucoup de choses à la fois. Nous n’avons pas intégré cette notion d’entraide dans le cycle des affaires, dans notre travail quotidien. Nous n’avons pas non plus détruit le mythe selon quoi la peur et .la confusion motive plus ou moins les gens à apprendre. En choisissant intelligemment où concentrer notre attention, nous avons plus d’attention et d’enthousiasme disponible. Ou, ainsi que le disait Clay Shirky lors de la 2.0 Expo NY, « il ne s’agit pas d’une surcharge d’information, mais d’un échec de son filtrage ».
Le social learning s’accélère lorsque nous accordons notre attention aux individus, aux groupes et aux projets qui nous intéressent ou nous donnent de l’énergie. Nous auto-choisissons les thèmes que nous voulons suivre et filtrons ceux que nous sentons pénibles, et cela en toute impunité. Personne ne s’offense de ce que nous ne suivions pas un projet hors de notre domaine. Personne ne remarque que nous filtrions temporairement les râleries de ceux qui prêchent pour leur propre paroisse.
C’est la technologie du social learning, et les medias sociaux en général, qui nous permettent de régler notre attention sur les sujets qui peuvent nous apporter le meilleur rapport sur investissement, et donner le plus de valeur à notre contribution. C’est la culture du social learning qui aide à identifier à quel point ces contributions sont importantes pour tous.
Appels à l’aide, retours et avis peuvent être émis sans pénibilité, sans coercition, sans peur. Cela prend cependant du temps. Vous ne proclamez pas à qui veut l’entendre une culture du service du jour au lendemain en espérant que tout le monde comprendra de quoi il s’agit.
Faire grandir une culture du service ressemble plus à l’ensemencement d’un jardin qu’à la construction d’une cabane. Un jardin requiert de soin, tandis qu’une cabane est construite une fois pour toutes. Une culture du social learning requiert design, formation, accompagnement, leadership, veille et mise en avant des succès, petits ou grands. Chacun doit savoir vers où se dirige l’entreprise et pourquoi c’est important. Il n’est pas facile de passer d’une culture où chacun a peur de n’être pas assez bon et doit s’améliorer, à une culture où chacun se sent suffisamment sécurisé pour vouloir s’améliorer pour le plaisir de le faire. Certains penseront qu’il est impossible pour une culture d’entreprise entière de passer de l’empreinte de la peur à la joie d’apprendre, de la coercition à l’inspiration. D’autres ont vu cela arriver et en souriront.
Le chemin est trace par quelques acteurs inattendus, notamment IBMLotus et la CIA. Nous ne savons pas tout ce qui est nécessaire pour que ce changement culturel fonctionne. La potion a encore quelque chose de magique. Mais en considérant notre propre travail, ainsi que les exemples démonstratifs de groupes tels que le 2.0 Adoption Council, nous voyons d’étonnants exemples de là où ça fonctionne. Lorsque c’est bien fait, les résultats ont quelque chose de réellement magique.
Imaginez demander à rencontrer quelqu’un. Un voyage en Espagne est une demande plus importante qu’un dîner en ville, qui est à son tour plus important que de prendre un café ensemble. Plus la demande est grande, plus la pression est importante et plus il est difficile de s’en sortir. Plus est petite, plus vous rendez la participation agréable. Que vous courtisiez des clients, des amis ou un partenaire amoureux, démontrez votre intérêt en écoutant et en vous connectant. Aidez-les à réussir.
Plus les outils permettront facilement aux gens de nous dire ce dont ils ont besoin, plus il sera facile et agréable de leur venir naturellement en aide. La technologie et la culture du social learning peuvent créer un environnement dans lequel vous serez soutenu avec enthousiasme, où votre sens de l’émerveillement fera tache d’huile et où la créativité éclora – où chacun s’épanouira.
Marcia Conner (@marciamarcia) est vice-président de Pistachio Consulting. Elle travaille à l'intersection du «social messaging » et la culture de l’apprentissage. Elle écrit pour Fast Company, les articles de « Learn at all levels ». Son nouveau livre, The New Social Learning, paraîtra en Mai.
Steve LeBlanc (@ sleveo) est conférencier, formateur en entreprise et guérisseur holistique. Partout, il voit des possibilités d'apprentissage et de connexion pour les personnes.
