La façon dont le sujet est posé orient forcément la réponse que l’on peut y apporter. En effet le titre présuppose que nous parlons d’une entreprise qui a réussi à fonctionner de manière collaborative.
Nous voilà donc invité dans un avenir souriant car peu d’entreprise peuvent pour l’instant se ranger sous l’appellation « d’ entreprise collaborative ». Une entreprise collaborative est une entreprise qui dispose à la fois des outils pour collaborer et de l’ADN dans son organisation, mode de management pour en tirer les meilleurs bénéfices.
Nous pourrions reposer la question de cette façon: comment passer de l’entreprise collaborative à l’entreprise apprenante ?
Pour ma part le social learning consiste à permettre le développement d’un écosystème dans l’entreprise qui va favoriser la transmissions des savoirs, des connaissances en mettant les individus et leurs conversations au centre et non pas les outils et les données encodées comme dans le rêve heureusement brisé du Knowledge Management.
La formation est actuellement empêtrée dans une approche administro-financière qui l’empêche de se renouveler autrement que par un processus très lourd de négociation, d’encadrement législatif certes nécessaire mais désormais mal adapté aux nouvelles formes d’apprentissage.
Le modèle actuel prône un apprentissage dans une salle avec un enseignant, formateur, un programme, des supports et donc une approche traditionnelle de maître à élève forcément Top-Down.
Cette forme devient assez insupportable pour la plus part d’entre-nous, alors les formateurs se font plus proches, tentent de développer des échanges mais on touche à la forme et non au fond, au modèle.
En clair nous devons changer de paradigme, donner les moyens de pouvoir apprendre autrement que assis sagement , bloqué dans une salle, à écouter un formateur s’appuyant sur de belles slides et en espérant que le déjeuner sera bon et sympathique. De cette formation souvent réservé aux cadres et vu comme une récompense pour les autres nous devons passer à une offre « Real time Web » .
L’avenir de la formation est peut-être de parvenir à une quasi absence de frontière entre le besoin, la demande et l’offre grâce aux technologies du 2.0. Je pense que la notion de Real Time Web va bouleverser l’offre actuelle ainsi que la montée en puissance de la vidéo, toujours plus percutante, efficace et aux formats s’adaptant à de multiples supports.
Elle est aussi de réaligner les moyens offerts d’apprendre de pairs à pairs ou experts tout au moins des personnes qui savent dans l’entreprise qui se fait souvent de manière informelle avec une formation prévue 1 an à l’avance dans de magnifiques plans de formation à trois ans présenté aux partenaires sociaux qui s’accommodent de ces réponses toujours peu individualisées et surtout aux retours décevants par leurs rôles dans les OPCA.
Ce changement passera donc forcément aussi par des négociation avec ces mêmes partenaires sociaux que l’on pense buter sur le système actuel mais qui ne le sont que comme dernier pré carré de leur influence faiblissante. Partageons avec-eux le bilan de la formation sans cacher la misère et inventons des procédés innovants pour que celle-ci bénéficie au plus grand nombre avec la meilleure efficacité et au plus juste coût.
Nous aurons alors à traiter des questions cruciales pour la mise en place d’un ecosystème de social learning : quel temps réservé à la formation, quel imputabilité des coûts de développement de cet écosystème, quelles possibilités d’accès de l’ensemble de la population et pas seulement du personnel disposant d’un bureau et d’un ordinateur connecté, quel capacité de suivi, de tracking du nombre d’heures passées sur des plateformes de social learning…
L’avenir de la formation passe donc aussi par un travail de partage des enjeux pour que nous ne nous contentions pas simplement de proposer un effet cosmétique mais plus ambitieusement de promouvoir une approche radicalement différente.
Cette approche c’est de remettre le budget, les moyens de formation avec les constats partagés sur les meilleurs façon d’apprendre et surtout d’acquérir de nouvelles connaissances, savoir faire. De façon caricaturale la performance d’apprentissage dans le modèle actuel est de 20%, les budgets consacrés de 90%, alors que l’apprentissage informel a quasiment les ratios inverses.
Maintenant il faudra aussi nous poser la question, à qui profite cette absurdité, et pourquoi continuer à la faire perdurer puisque le constat est partagé par tous et que l’échec du DIF, la déception du e-Learning laisse peu de place à l’espoir soulevé par les serious ou casual game appliqué à la formation. .
Répondre ensemble à ces question, trouver des solutions pour les régler voilà ce qui nous permettra de voir le développement de l’avenir de la formation différent de la prolongation désabusé et parfois intéressée de la situation actuelle.
Cette réponse sera forcément graduelle et opérationnelle et va démarrer doucement en se greffant sur des formations de type traditionnelle puis en venant les compléter par des dispositifs plus élaborés de plateforme de social learning (un réseau social optimisé pour les échanges en mode apprentissage) et des services plus innovant dont certains portés par la vidéo.
C’est un immense chantier qui s’ouvre et qui pour déboucher sur des changements positifs devra prendre le temps d’évangéliser afin d’associer l’ensemble des acteurs de la formation à cette révolution tranquille.
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Vincent Berthelot (@vinceberthelot) est le fondateur de Conseil Web Social. Il anime B-r-e-nt, un blog d'idée depuis 2005. Ce passionné de culture thaïlandaise est responsable intranet pour les RH dans une grande entreprise. Il est vice-président de l'association Club Net, réseau de plus de 300 professionnels des technologies de l'information et de la communication. {/xtypo_code}




